III la fusée et ses intérieurs

 

 

                                                                                                                                        L’Expérience

 

a)    La fusée à eau

Pour la construction de notre fusée et afin d’essayer de garder le plus possible l’échelle de la X-FLR 6 (fusée dessinée par Hergé), nous avons eu besoin de deux bouteilles de « Badoit » (pour le corps de la fusée), un bouchon de liège, du rouleau adhésif et un feutre rouge bien sûr ! Cependant, une des deux bouteilles n’aura aucun effet sur le fonctionnement de la fusée mais seulement un impact esthétique.  ATTENTION, il faut absolument limiter le poids de la fusée, ceci est un enjeux majeur dans la construction de la fusée.

Image fusee 1Image 1 : Thomas s’occupe de faire le damier rouge et blanc de la fusée, très important, on le verra par la suite

 

b) La rampe de lancement

 

Nous avons tout fait pour que notre fusée ressemble à celle dessinée par Hergé.

 

Même une rampe de lancement a été construite. La première fut provisoire, fabriquée avec du carton solidifié par du rouleau adhésif que nous avons enroulé tout autour. La seconde rampe de lancement définitive fut élaborée avec l’aide de plusieurs matériaux :

 -une planche en bois de forme rectangulaire qui servira de base                                                                            

 - deux poutrelles métalliques de 62 cm de long, dont la base est un carré de 4 cm de coté

 - deux pièces de bois carrées de 14 cm de coté

 

 Pour la suite, nous avons fait deux taraudages dans la base en bois à distances égales des bords de cette planche. Grâce à cette opération, les deux poutrelles sont ancrées dans la planche. Nous vissons les deux pièces de bois à nos deux poutrelles, puis nous faisons deux trous dans ces pièces du diamètre de notre fusée. Celle-ci sera ainsi maintenue.

 

Et voilà, notre rampe de lancement est prête à l’emploi ! 

 Image fusee 2  Image 2 : Rampe de lancement au complet (fusée sans le damier).

 

 

La fusée X-FLR 6

 

a)    Une longue construction

 

Après la tentative de déviation de la trajectoire de la fusée d’essai par les espions, le professeur Tournesol décide de sa destruction. Il entreprend la construction d’une nouvelle fusée, qui sera ainsi la fusée définitive pour le voyage spatiale de Tintin et ses acolytes. Comme sur la première, elle est marquée par la présence du damier rouge et blanc, symbole de cette fusée. Hergé s’est en effet inspiré de la fusée V2, conçue par le plus grand expert mondial en fusée de l’époque, Wernher von Braun. La V2 est un modèle de missile allemand utilisé par les Nazis lors de la Seconde Guerre mondiale contre les Alliés. 

                                          Image fusee 3Image 3 : le missile V2 allemand, source d’inspiration d’Hergé.

 

 

Quant à l’origine du fameux damier, il est en lien direct avec une pratique autrefois établie par les ingénieurs de la NASA. Lors d'un tir, ce procédé leur permettait d'observer les basculements de la fusée par rapport à l'axe de la trajectoire (donc son roulis) durant la phase critique du décollage. La couleur rappelle aussi le blason présent sur le drapeau croate, qui est peut-être un lien avec le lieu de départ de la fusée X-FLR 6.

 

 En quinze jours seulement, selon la planche n°34 d’Objectif Lune, les plans ont été dessinés par le professeur Tournesol. Selon la planche n°36, la construction de la fusée s’est faite en seulement quelques mois, ce qui n’est pas probable car, en comparaison, la fusée Saturn V fut développée entre 1960 et 1967.

 

 

 

a)    Aucun support de lancement

 

En effet, grâce à sa forme en tripode, la fusée dessinée par Hergé ne nécessite aucun support de lancement. Dans la BD Objectif Lune, les tours de montage reculent et laissent la fusée autonome (voir planche 58)

Image fusee 4 

Le poids est équitablement réparti sur les trois pieds, ce qui rend la fusée stable et équilibrée sur le sol.

           Image fusee 5Image : la fusée X-FLR 6 et le retrait des tours de montage. 

L’environnement est aussi bien choisi. Ici, Hergé nous fait voyager en Syldavie, terre tirée de son imagination, située selon lui en Europe de l’Est. C’est un espace assez dégagé ce qui facilite le décollage de la fusée.  Quant aux missions Apollo, les dirigeants choisissaient eux aussi des espaces éloignés des villes et de la population. 

 

COMPOSITION DE LA FUSEE

   

Composition extérieure

 

Dans son album Objectif Lune, Hergé nous propose un plan détaillé de sa fusée, numéroté et légendé. On peut alors en déduire la composition de la fusée dans son ensemble. Contrairement à la fusée Saturn V, elle n’est constituée que d’un étage (scientifiquement parlant) et aucune partie ne se sépare lors des différentes phases de vol. La fusée reste « entière ». Il s’agit d’un engin capable de décoller et se poser verticalement sur plusieurs ailerons qui font office de pieds. Le support est tripodique contrairement aux quatre ailerons utilisés sur l’ensemble des fusées à décollage vertical de l’époque.

 Une fusée composée d'un seul étage ne pourrait être placée en orbite autour de la Terre.

Pour optimiser ses performances, une fusée doit avoir plusieurs étages : chaque étage est doté de ses propres moteurs et est largué lorsque le carburant est épuisé. Le moteur de l'étage suivant est alors allumé.

Le premier étage des lanceurs modernes est souvent constitué d'un étage principal composé d'étages appelés accélérateurs dont le rôle est de fournir une poussée additionnelle durant les premières minutes du vol.

Traditionnellement, les lanceurs spatiaux ont 3 étages (Ariane 1 et 4, Saturn V). Le dernier étage propulsif communique la part la plus importante de la vitesse.

 La fusée X-FLR 6 est composée d’un sas, du poste de pilotage et de chambres. Afin d’établir une comparaison avec une fusée existante, nous allons utiliser Saturn V, de la mission Apollo XI. Nous remarquons sur le plan ci-dessous que l’antenne servant à la localisation et aux transmissions radio se trouve au sommet de la fusée, juste au-dessus des soutes. 

 

Au niveau des réservoirs, la X-FLR6 selon le plan ne possède qu’un seul réservoir pour le moteur auxiliaire, alors que la Saturn V en possède 4.

 

Enfin, deux moteurs constituent la fusée d’Hergé, contre cinq lors de la propulsion de départ chez Saturn V.

 

 Image alex 1                                Image alex 2

 Image 6 : Plan détaillé de la fusée X-FLR6                                                                                  Image 7 : le plan de la fusée Saturn V

 

 Afin de calculer la hauteur de la fusée d’Hergé (qui n’est pas indiqué), nous pouvons faire un calcul d’échelle grâce à la photo suivante :

 

Image alex 3

 

Sachant qu’un homme fait environ 1m75, nous pouvons mesurer sur le dessin d’Hergé la taille des hommes. Nous avons donc l’échelle suivante : 1,75m dans la réalité fait 0,40 cm sur le dessin.

La fusée X-FLR6 (sans l’antenne) fait 12,50 cm sur le dessin.

Grâce à la proportionnalité : (1,75*12,40)/0,40= 54,6

Donc la fusée X-FLR 6 mesure environ 55mètres.

Pour information, la fusée Saturn V mesure 110mètres de hauteur, ce qui fait le double de la fusée d’Hergé. 

Composition intérieure

 

Un scientifique franco-russe, Alexandre Ananoff et son ouvrage L’Astronautique vont directement inspirer la réalisation concrète d’une maquette de la fusée X-FLR6 extrêmement détaillée. Le résultat fut impressionant: chaque partie, entièrement démontable, permettait aux collaborateurs des Studios Hergé de dessiner avec précision le moindre accessoire du poste de pilotage ou des autres étages de l’engin spatial. Le dessinateur fit alors le voyage jusqu’à Paris pour montrer au professeur Ananoff la fameuse maquette. Parmi les pièces les plus abouties, on peut notamment citer le poste de pilotage dans son ensemble (le III du plan de l’image 6), avec une cinquantaine d’instruments sur le pupitre de commandes, ou encore le périscope stroboscopique d’où Tintin, Haddock et le professeur Tournesol peuvent admirer leur départ de la Terre, ainsi que l’arrivée sur la Lune. Cette précision de l’intérieur donnée par Hergé permet certaines comparaisons, notamment avec la navette Columbia. 

 

                                         Image alex 4  

Le poste de pilotage de la X-FLR6 est très élaboré, et le dessinateur s’est inspiré de ce dessin : 

Image 9 : Dessin du poste de pilotage réalisé par Jan Loup, dans l’Astronautique, qui inspira Hergé.                                Image alex 5

 

Nous pouvons remarquer la présence du périscope au centre du poste de pilotage, et la même disposition des instruments visibles dans Objectif Lune et On a marché sur la Lune.

Ce même périscope ne pourrait pas être situé à cet emplacement, car celui-ci est placé juste au-dessus du moteur. La Terre ainsi que la Lune n’est donc logiquement pas visible par Tintin et ses camarades. Mais nous pouvons nous demander si ce périscope possède un système de retransmission.

 Malgré que le poste de pilotage de la navette Columbia possède un grand nombre d’instruments en plus sur le tableau de bord, nous pouvons remarquer un grand nombre de similitudes. Dans les deux cas, nous avons :

-l’indicateur de réserves d’oxygène

-le dispositif radio (émetteur récepteur)

-l’horloge donnant l’heure

-l’ensemble des appareils de pilotage

-le galvanomètre

-les fusibles

-les coupe-circuits

-la table d’étude

 Quant à la navette, en guise de périscope, elle possède un télescope ayant la même utilisation.

 Les chambres sont, elles aussi, de la même structure. Dans la fusée X-FLR 6, il y a la présence de :

-cuisinières électriques

-réfrigérateur

-régénérateurs d’air

-couchettes

-armoires

 La navette Columbia est elle aussi équipée d’un coin repas et d’une coquerie ; Les aliments sont conservés dans un réfrigérateur, on réchauffe les repas dans un four à micro-ondes. Un dispositif réhydrate les aliments et l’on peut se laver les mains dans une bulle en plexiglas. Dans les deux cas, il y a un coin couchette. Mais les deux sont assez différentes. Hergé s’inspire là encore de l’Astronautique. 

 Image alex 6               Image alex 7                                      

Image 10 : Litde pilotage permettant de mieux résister aux accélérations.                    

Dans la navette Columbia, ce sont des couchettes « fermées », des sortes de cages afin de garder les astronautes confinés à l’intérieur. 

 

Ajouter un commentaire